Savoir que votre entreprise doit réaliser 80 000 euros de chiffre d’affaires pour être rentable, c’est bien. Savoir qu’elle atteindra ce cap le 1er septembre, c’est encore mieux. C’est exactement ce que permet le calcul du point mort : transformer un montant en une date concrète.
Le point mort est le complément indispensable du seuil de rentabilité. Il vous donne une vision temporelle de votre équilibre financier et vous aide à anticiper les périodes critiques.
Qu’est-ce que le point mort ?
Le point mort désigne le moment précis dans l’année (exprimé en jours) où le chiffre d’affaires cumulé de l’entreprise couvre la totalité de ses charges. Avant cette date, l’entreprise fonctionne à perte. Après, chaque euro de CA supplémentaire génère du bénéfice.
Point mort vs seuil de rentabilité : la différence
Ces deux notions sont complémentaires mais distinctes :
| Indicateur | S’exprime en | Répond à la question |
|---|---|---|
| Seuil de rentabilité | Euros (montant de CA) | Combien faut-il gagner ? |
| Point mort | Jours (ou date calendaire) | Quand sera-t-on rentable ? |
Le seuil de rentabilité est un montant, le point mort est une durée. L’un ne va pas sans l’autre pour piloter efficacement son activité.
La formule du point mort
Le calcul du point mort se fait en deux étapes.
Étape 1 : Calculer le seuil de rentabilité
Pour la formule détaillée, consultez notre guide complet sur le seuil de rentabilité.
Seuil de rentabilité = Charges fixes / Taux de marge sur coûts variables
Étape 2 : Convertir en jours
Point mort = (Seuil de rentabilité / Chiffre d’affaires annuel) x 365
Le résultat donne le nombre de jours d’activité nécessaires pour atteindre l’équilibre. En partant du 1er janvier, il suffit d’ajouter ce nombre de jours pour obtenir la date calendaire du point mort.
Exemple concret de calcul
Reprenons les données d’une entreprise de services :
| Donnée | Montant |
|---|---|
| Chiffre d’affaires annuel | 200 000 euros |
| Charges variables totales | 60 000 euros |
| Charges fixes totales | 84 000 euros |
Calcul du seuil de rentabilité :
- Marge sur coûts variables = 200 000 – 60 000 = 140 000 euros
- Taux de MCV = 140 000 / 200 000 = 0,70 (70 %)
- Seuil de rentabilité = 84 000 / 0,70 = 120 000 euros
Calcul du point mort :
- Point mort = (120 000 / 200 000) x 365 = 219 jours
L’entreprise atteint son point mort au bout de 219 jours, soit vers le 7 août si l’exercice commence le 1er janvier.
Interprétation du résultat
| Point mort | Interprétation | Niveau de risque |
|---|---|---|
| Moins de 180 jours | Rentabilité rapide, bonne marge de sécurité | Faible |
| 180 à 270 jours | Situation correcte, surveiller les imprévus | Modéré |
| 270 à 330 jours | Peu de marge, vulnérable aux baisses de CA | Élevé |
| Plus de 330 jours | Très risqué, rentabilité incertaine | Critique |
Dans notre exemple, un point mort à 219 jours (soit 60 % de l’année) est un résultat satisfaisant. L’entreprise dispose de 146 jours de marge pour absorber des imprévus.
Cas particuliers
Activité saisonnière
Pour les entreprises saisonnières (tourisme, agriculture, commerce de Noël), le point mort classique peut être trompeur car il suppose un CA régulier sur l’année. Il faut alors pondérer le chiffre d’affaires par mois et calculer le cumul mois par mois pour identifier le vrai moment d’équilibre.
Point mort supérieur à 365 jours
Si le calcul donne un point mort supérieur à 365 jours, cela signifie que l’entreprise ne sera pas rentable sur l’exercice. Le CA annuel prévisionnel est insuffisant pour couvrir les charges. Il faut alors agir sur les leviers disponibles : augmenter le CA, réduire les charges fixes ou améliorer la marge sur coûts variables.
Comment réduire le point mort
| Levier | Action concrète | Impact |
|---|---|---|
| Réduire les charges fixes | Renégocier le loyer, mutualiser des locaux | Baisse directe du SR |
| Améliorer la marge variable | Changer de fournisseur, augmenter les prix | Hausse du taux de MCV |
| Augmenter le CA | Prospecter, diversifier, campagnes marketing | Le SR est atteint plus vite |
| Réduire les délais de paiement | Facturer en amont, raccourcir les échéances | Impact indirect sur la trésorerie |
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FAQ — Questions fréquentes sur le point mort
Comment calculer le point mort d’une entreprise ?
Le point mort se calcule en deux étapes. D’abord, calculez le seuil de rentabilité (charges fixes divisées par le taux de marge sur coûts variables). Ensuite, appliquez la formule : Point mort = (SR / CA annuel) x 365. Le résultat s’exprime en nombre de jours.
Quelle est la différence entre le point mort et le seuil de rentabilité ?
Le seuil de rentabilité est un montant en euros, tandis que le point mort est une durée en jours. Les deux indicateurs sont complémentaires pour évaluer la viabilité d’une entreprise.
Qu’est-ce qu’un bon point mort ?
Un bon point mort se situe idéalement en dessous de 180 jours (6 mois), ce qui laisse une marge de sécurité confortable. Entre 180 et 270 jours, la situation est correcte. Au-delà de 300 jours, le risque est élevé.
Le point mort peut-il être négatif ?
Non, le point mort ne peut pas être négatif car il représente un nombre de jours. Si le seuil de rentabilité est nul (aucune charge fixe), le point mort est de zéro jour : l’entreprise est rentable dès la première vente.
Comment calculer le point mort avec une activité saisonnière ?
Pour une activité saisonnière, le calcul linéaire sur 365 jours n’est pas adapté. Il faut répartir le CA prévisionnel mois par mois selon la saisonnalité réelle, puis cumuler les marges mensuelles pour identifier le mois exact où les charges fixes cumulées sont couvertes.
Ce qu’il faut retenir
Le point mort transforme le seuil de rentabilité en une information temporelle concrète : il indique la date à laquelle votre entreprise commence à gagner de l’argent. C’est un outil de pilotage essentiel, aussi bien pour construire un business plan que pour suivre la performance en cours d’exercice.
Un point mort inférieur à 6 mois offre une marge de sécurité confortable. Au-delà de 9 mois, il est recommandé de revoir la structure de coûts ou la politique tarifaire pour sécuriser la rentabilité.
Article rédigé par Alexandre Mercier, rédacteur en chef de ccima.net. Dernière mise à jour : avril 2026.